PHARMACIEN / PHARMACIENNE MILITAIRE

DANS LES FORCES CANADIENNES

Je suis le major Chantal Brisebois, originaire de Québec. Je suis pharmacienne militaire au quartier général des services de santé des Forces canadiennes à Ottawa.

Et je suis le capitaine Marilyn Bernier de Matane, Québec. Je suis pharmacienne militaire à la clinique médicale canadienne de Geilenkirchen, en Allemagne.

BERNIER: Les pharmaciens militaires sont des membres actifs de l’équipe du Service de santé des Forces canadiennes. Ils ont des responsabilités exigeantes et variées, qui vont bien au-delà de la simple distribution d’ordonnances.

BRISEBOIS : On exerce notre profession dans les bases au pays. On gère l’achat et la distribution des médicaments et de l’équipement clinique. On participe aux déploiements à l’étranger avec les troupes où on s’assure que les médecins, le personnel infirmier et les divers techniciens qui prennent soin des militaires ont tout ce qu’il leur faut.

BERNIER : Être déployé exige une formation intensive en médecine d’urgence, en traumatologie, en soulagement de la douleur et en traitement des maladies infectieuses spécifiques à chaque endroit.

BRISEBOIS : Le pharmacien militaire accompagne les médecins qui font leurs rondes. Chaque matin, on est aux soins intensifs pour prendre des décisions concernant nos patients et on agit aussi à titre d’officier responsable de la banque de sang, du département de radiologie et de laboratoire, et de la pharmacie.

BERNIER : Bien entendu, l’aspect clinique est un rôle fantastique. On est avec une équipe médicale. Les médecins, le travailleur social, les infirmières – on veut chercher le bon médicament pour le patient.

BRISEBOIS : Quand on voit des patients tous les jours, on est beaucoup plus en mesure de comprendre les problématiques. Ça nous donne aussi beaucoup de connaissances supplémentaires qu’on n’aurait pas si on n’effectuait pas ces rondes-là. Donc, au niveau apprentissage pour nous, c’est fantastique.

BERNIER : Le pharmacien militaire est aussi un expert en logistique médicale. Il gère le réseau d’approvisionnement en matériel médical à travers le pays en s’assurant que nos cliniques disposent de médicaments et d’équipement en quantité suffisante.

Donc, tout ce qui est matériel médical – bandages, catheters, soutures, équipement de salle d’opération – le pharmacien va être en charge de commander ce matériel-là au Canada.

BRISEBOIS : En ce qui me concerne, je trouve extraordinaire d’avoir réussi autant de choses en si peu de temps.

BERNIER : Dans une pharmacie communautaire, on voit les mêmes médicaments à tous les jours, les mêmes problèmes, des patients qui se ressemblent. Dans les Forces, ça bouge, ça change, on progresse au rythme du changement et des nouveaux défis.

L’aspect le plus cool pour moi, c’est les déploiements. Partir en mission, aller peu importe où – Haïti, Afghanistan – c’est vraiment l’aspect que j’aime le plus. Voir d’autre monde, voir une autre culture, d’autres gens, travailler au bien-être de nos militaires, s’assurer qu’ils sont là pour la mission – c’est vraiment ce que j’aime le plus.

BRISEBOIS : Après ta formation de base et suite à l’obtention du permis de pratique de pharmacie, tu reçois ta commission d’officier au grade de capitaine ou lieutenant de vaisseau, puis tu entreprends une formation en cours d’emploi et des cours spécialisés sur la pratique et la doctrine médicales.

BERNIER : Ta formation – au cours de laquelle tu apprends les paramètres cliniques, techniques, logistiques et administratifs de la profession – est axée sur la médecine sur les champs de bataille.

BRISEBOIS : La plupart des cours en pharmacie des Forces canadiennes se donnent lors des premières années suivant ton enrôlement et combinent apprentissage en ligne et formation interne à la base de Borden.

BERNIER : Maintenant, ce qu’on offre aux étudiants qui sortent de l’université – ils peuvent avoir le préceptorat en pharmacie, qui est un peu l’équivalent d’une résidence en pharmacie. Donc les étudiants vont pour 6 mois dans un hôpital civil pour appliquer encore plus dans certains domaines.

BRISEBOIS : Au cours de ta carrière, tu auras l’occasion de suivre d’autres formations spécialisées portant sur les maladies tropicales ou associées aux voyages, les maladies infectieuses, la psychiatrie et les services d’urgence en pharmacie.

BERNIER : En général, ta première affectation sera dans une grande base au Canada.

Bien entendu, on va essayer de les envoyer dans un endroit où déjà des pharmaciens militaires sont en poste pour avoir un meilleur mentorat, donc un meilleur encadrement, et c’est plus facile ainsi pour les pharmaciens de commencer à travailler, et non pas, du jour au lendemain, être le responsable, seul de leur côté.

BRISEBOIS : Après deux à quatre ans à prendre de l’expérience sur une base, tu peux t’attendre à être déployé dans un hôpital de campagne à l’étranger ou vers n’importe quel endroit où nos troupes requièrent des services cliniques. Tu pourrais aussi occuper un poste de gestion des fournitures au Dépôt central de matériel médical.

BERNIER : Le plus grand défi de la profession est aussi ce qui te permets de progresser; c’est-à-dire le changement constant et la variété des tâches, surtout si tu compares avec ce que fait un pharmacien au civil. T’as qu’à penser aux aspects logistiques et au fait que tu travailles non seulement avec des ordonnances, mais avec de l’équipement sophistiqué et sans oublier bien sûr, les déploiements à l’étranger.

BERNIER : Je dirais que c’est l’aventure, les possibilités multiples – soit les voyages, la formation continue qu’on peut avoir à différents endroits, l’opportunité de toucher à plein de domaines, l’aspect financier, ressources humaines, matériel médical aussi. C’est plus que simplement s’occuper des prescriptions.

BRISEBOIS : Pour ceux qui aiment pas la routine, pour ceux qui aiment le changement, et qui aiment les opportunités pour faire des cours à l’étranger – les Forces canadiennes, c’est la place.

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